" Bikini Machine play high-energy go-go-ye-ye supersonic garage soul
for the new millennium. And they play it good ! "
Jon Spencer
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Je croisais monsieur Ruland régulièrement dans le quartier.
J'avais enfin eu le courage de prendre rendez-vous. Il avait souri, mi-étonné, mi-amusé, dit d'accord. Vers 9h30. Vers 9h30, la nuance était importante. « On n'est pas des
militaires ». Les gens indulgents ont un don. Celui de me plaire.
Cinquante-trois ans de Gavotte, cinquante-trois ans de vie de commerçant dans le quartier des Halles, cinquante-trois ans de pieds chaussés avec professionnalisme, cinquante-trois ans de gentillesse, parce que « la gentillesse, ça ne coûte rien ».
« Je suis accidentellement fils de commerçant ». Accidentellement. Voici en effet un père qui, d'abord militaire, puis agent d'assurances, choisit - à l'heure de la retraite - le métier de commerçant : «ça l'amusait ! ». A Chateaubriant, il achète un fonds et devient chausseur. Son fils, alors étudiant en Sup' de Co, passe ses étés au magasin. Agencer la vitrine, vendre, être en contact avec la clientèle, c'est agréable. A la fin de ses études, il sollicite cette grande entreprise sérieuse qu'est Bally. Bally ne recrute pas. Une annonce change le cours de son existence et celui de son père. Pour la première fois de sa vie, ce père que l'on devine affable et généreux s'endette. Nous sommes en 1956. Monsieur Ruland père achète pour monsieur Ruland fils le fonds de commerce d'un chausseur, 24 boulevard de la Liberté. Ce sera la Gavotte. Nom dansant et amical.
Premières années
1956. La nuit, aux Halles, on décharge le poisson. C'est ici que se situe le marché au gros, le marché aux poissons et aux légumes. Dans la saleté et l'agitation. En face, la rue de Nantes rejoint la rue Tronjolly. Elle traverse encore ce qui deviendra plus tard le centre commercial Colombia. Le Champs de Mars est un champ de foire, en terre battue. Le quartier est populaire, les maisons modestes et insalubres, les cafés sont légion. Le centre ville de Rennes est ailleurs, au nord, de l'Hôtel de Ville à l'Hôtel-Dieu.
Les premières années de la Gavotte sont difficiles. Heureusement, de Chateaubriant à Rennes, messieurs Ruland, père et fils, travaillent de concert et partagent leur carnet d'adresses, si possible les meilleures. A Rennes, alors qu'un célèbre chausseur rennais veille au grain, la Gavotte finit par vendre du Bally. La marque Paraboot arrive ensuite. Paraboot, légendaire chaussure inventée par un cordonnier grenoblois. A une époque où « les cordonniers savaient fabriquer des chaussures », rappelle Monsieur Ruland.
Commencent de confortables années. A la Gavotte, on compte jusqu'à quatre employés, deux vendeuses, deux apprentis. Les clients entrent, sortent, sans cesse. Ils sont fidèles à la maison Ruland. Ici, les modèles sont de belle facture et les prix sérieux. « On a gâté les clients sans les voler ». Chaque 14 juillet, le rituel pour l'ouverture de la chasse aux canards. A la Gavotte, on installe la vitrine des bottes de caoutchouc. D'un côté, les vertes. De l'autre, les marron. Le Chameau, Kleber..., toujours des marques renommées.
Un quartier métamorphosé
Les années 1970-1980 modifient la configuration du quartier. Début d'une considérable réhabilitation. Quelques immeubles modernes longent déjà le début de la rue Tronjolly. Le projet du centre commercial Colombia voit le jour en 1986 et ampute la rue de Nantes. Boulevard de la Liberté, il devient bientôt impossible de guetter la boutique depuis une terrasse de bistrot au coin de la rue, clé en poche, prêt à bondir dès qu'un client se présente à la porte de la boutique. De nouveaux habitants, des familles, emménagent. La clientèle de la Gavotte, aujourd'hui ? « Des petits fonctionnaires, des petits commerçants, un ou deux milliardaires ». Des milliardaires ? !!! Sourires. Et monsieur Ruland de raconter ce jour faste où il vendit 5 paires de Paraboot au même client, en un temps record.
L'heure et demie a passé. Autour de moi, le bois des rayonnages, du comptoir, du cheval sur ressorts pour occuper les enfants pendant l'essayage. « On se sent bien dans votre boutique, Monsieur Ruland ». A mille lieues des nouveaux décors aseptisés et ennuyeux. « On se sent bien, d'accord, on me dit ça, mais ce n'est pas moderne ! ». Moderne ou pas, on s'y sent bien.
Dans sa boutique pas moderne, monsieur Ruland n'est pas un grincheux, les évolutions ne l'ont pas aigri, il observe cela avec perplexité, manifeste quelques regrets, pense qu'il y a des risques. Sans sensiblerie. Il a la lucidité et l'humour des gens qui ont exercé leur métier, honnêtement et assidûment, et qui en retirent une simple satisfaction. Même si les constats sont embarrassants. « Le commerce, aujourd'hui, c'est de la distribution. Ce qui faisait la force du commerçant, c'était le commerçant lui-même » Nous évoquons aussi les prix. Drôles de prix, élastiques, irrationnels. Un désordre qui brouille les pistes et la valeur des choses. Nos hésitations entre qualité et quantité. Nos points de vue se rejoignent.
Dehors, la devanture a seulement un peu vieilli. Rien de grave. Elle garde intactes quelques pièces art déco. Le seuil est recouvert d'une mosaïque, qu'il faudra penser à rénover. Haussement d'épaules. « Je ne sais pas s'il ne vaudrait pas mieux tout casser et tout refaire, à neuf... » Moi, je sais...
Avant de partir, il reste une question. La question cruciale. Comment trouver chaussure à son pied ? Un soulier qui sied est un soulier harmonieusement conçu, aux détails de fabrication soignés, aux coutures bien placées et solides, monsieur Ruland frappe le talon, il faut que ça sonne – toc, toc -. Un soulier dans lequel le pied se déploie tout en étant maintenu, sans contrainte. Un soulier qui dure est un soulier choisi calmement et sur des conseils experts. Monsieur Ruland me rassure, les larges comme les fins, les grands comme les petits, aucun pied ne saurait être bien chaussé. « Eviter aux gens de souffrir dans des godasses mal faites, tout un art ! »...
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La Gavotte - Chaussures Ruland 24, boulevard de la Liberté 35000 Rennes Tél. : 02 99 79 59 44 |
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« Ce que vous ne voyez pas en vitrine existe à l'intérieur », un détail dans la vitrine de la Gavotte, qui a beaucoup inspiré l'idée de Calicot. |
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Créer - Du latin creare : faire, donner
l'être. Imaginer, réfléchir, concevoir, établir, organiser, agencer, inventer, fabriquer, assembler, réaliser, confectionner, élaborer, façonner, combiner, composer, harmoniser, coordonner. Exposer. Vendre. Travailler. Gagner sa vie.
Marché des Créateurs, 2ème Edition //Samedi 16 et dimanche 17 mai 2009 // Au 4 Bis, à Rennes // 14h-19h Partenariat Elan Créateur + CRIJ + 4 Bis |
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Cool
S'allonger. Détendre ses membres, ses articulations, ses muscles. Se déployer.La cabine forme déjà la parenthèse attendue. Cool. Surtout lâcher toutes les résistances.
Il n'y a plus désormais qu'à se laisser aller au mouvement des pierres chaudes. Noires et polies, ce sont des pierres de basalte, roche magmatique volcanique.
Au 18ème siècle, les neptuniens et les vulcanistes se sont querellé autour de leur origine. Le botaniste et naturaliste Horace-Benedict de Saussure s'en est mêlé, optant, lui, pour une version
aqueuse. Il faudrait lire Des basaltes pour comprendre. Demain peut-être...
Chaleur et densité
Quoi qu'il en soit, les pierres de basalte sont lourdes et leur densité est exceptionnelle. Elles conservent longuement la chaleur, qui, en se diffusant, décontracte et relaxe. Le geste de la
masseuse s'étire le long de ma colonne vertébrale, il est lent, lisse et intense. Un roulis. Aurélie trouve dans les pierres une partie de sa force et peut ainsi masser plus en profondeur. De la
tête aux pieds. Je sens combien ce travail partagé me va bien. Les tensions nerveuses se dissipent, absorbées. Avalées par le minéral. Gloutonnées !
Séance terminée. De mes irritations, de mes agacements et de mes petits malheurs, il ne subsiste qu'un vague souvenir. Chouïas et riens de tout, pas de quoi fouetter un chat. Non seulement je
suis redevenue fréquentable, mais je peux aussi envisager les jours à venir avec un calme olympien.
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Aurélie Le Queux a repris l'Institut Mer et Soleil en 2005.
Titulaire d'un BTS, elle est issue des écoles Yves Rocher, Thalgo et Bedfert. Elle a suivi en 2008 une formation sur le massage aux pierres chaudes, organisée par la Chambre des Métiers de Rennes . |
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Institut Mer et Soleil 5 bis rue Toullier 35000 Rennes Tél. : 02 99 79 22 33 Horaires d'ouverture : du mardi, 10h, au samedi, 16 h |
Je suis Kuti. Kuti le chat. Ils disent parfois Kuki. Avec un k. Un peu moqueurs. Je ne bronche pas. Je suis bon
joueur.
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Hélène Vesvard, graphiste-illustratrice : 06 16 16 59 30, helene.vesvard@wanadoo.fr, www.helenevesvard.net
Hélène Vesvard a participé à l'album collectif 10 histoires de Pirates, édité chez Fleurus. Elle participera à la prochaine édition de Balade à Ste
Thérèse, dont elle signe l'affiche. Ses bijoux sont diffusés chez Yu, 6 rue de Nemours à Rennes. Sa papeterie est éditée par La Marelle Editions. Ses petits carrés de bois sont actuellement en vente dans la boutique Endo, 9 rue Poullain Duparc, à Rennes.
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Le rayon laine, c'est un des fils
d'ariane de la boutique LTM. Françoise Le Mouëllic y est en effet passionnément attachée.Ça commence au creux de l'enfance. Regarder sa mère, ne pas perdre une miette et apprendre. Pour qu'un jour, elle vous dise : " Tu tricotes mieux que moi, ma fille ! ". Françoise Le Mouëllic a 7 ans, peut-être moins, lorsqu'elle entreprend son premier tricot : le légendaire pull-tube que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Géométrique, efficace, l'exercice idéal pour une débutante. Idéal pour tester l'endurance et le goût du tricot. Quelques années ont passé... En 2005, Françoise, qui a noué avec la laine une solide relation, l'invite dans son histoire professionnelle.
LTM et la laine : une évidence
Quand il s'agit de reprendre l'institution du commerce rennais qu'est LTM, l'idée d'un rayon consacré à la laine s'impose naturellement. LTM donne un lieu à une passion. On lui fera donc une place, aux côté des rayons beaux-arts et des loisirs créatifs. Françoise, influencée par les knit-café,
ce concept venu des Etats-Unis ? Pas vraiment. Les phénomènes de mode la laissent un peu dubitative. Elle, c'est tricoteuse dans l'âme...mais, au fond, quelle tricoteuse est-elle
?
La tricoteuse : portrait
D'abord un animal solitaire. Qui - de temps à autre - love dans son cocon et ainsi se repose du monde. "Quand je tricote, je m'évade, je rentre dans ma bulle." confie Françoise. Le matin, au petit déjeuner, par exemple, devant sa tasse de thé. Comme d'autres lisent le journal.
Assidue. La tricoteuse tricote du matin au soir, ne s'interrompt que rarement, peut tenir une conversation tout en poursuivant son ouvrage, répondre au téléphone sans lâcher ses mailles. De même, elle ne redoute pas les mouvements sans cesse recommencés: " J'aime le côté répétitif du geste : le fil, l'aiguille, le fil, l'aiguille... " Le bruit feutré de l'aiguille...Exit les aiguilles en acier, leur clic clic clic métallique, Françoise leur préfère désormais les aiguilles en bambou, légères et résistantes.
En ce moment, elle tricote un cache-épaule en bambou. " Je m'interdis de
commencer quelque chose avant d'avoir fini le tricot en cours ". Oui, la tricoteuse est opiniâtre. Ce qui ne l'empêche de projeter l'ouvrage à suivre.
Exigeance et générosité
La tricoteuse est exigeante. Comment tricoter sans une belle laine... Pas uniquement pour l'esthétique. Mais pour le toucher, pour la caresse du fil sur la main, pendant le geste. Et plus prosaïquement, pour que "ça ne gratte pas " ! Dans la boutique LTM, les anglaises Debbie Bliss, Rowan et la japonaise Noro illustrent la passion de Françoise pour les fils de qualité. Souvent issues de filatures italiennes - parmi les dernières en Europe. Epaisses, enveloppantes, souples. Des alpagas, des cashmere, des fibres naturelles, triées sur le volet.
Enfin, ce trait dominant, le trait le plus marquant : la
générosité. La tricoteuse tricote rarement pour elle. Elle destine ses tricots aux autres, elle aime penser à celui qui portera ce qu'elle confectionne, elle aime l'imaginer, emmitoufflé.
D"ailleurs, elle ferme presque les yeux, elle effectue sans relâche les gestes appris hier - car c'était hier - et elle tricote, elle tricote, elle tricote....
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LTM Tout pour faire soi-même 9 rue Poullain Duparc 35000 RENNES Tél. 02 99 78 20 60 ltm.hobby@wanadoo.fr http://du neufau9.canalblog.com |
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Horaires d'ouverture : Lundi, 14h/19h Du mardi au samedi, 10h-19h Café Tricot : le premier jeudi du mois, au Thé au Fourneau, rue du Capitaine Dreyfus à Rennes, à partir de 16h30 |
La
décision devrait être entérinée le 20 novembre prochain, mais Rennes Métropole a presque tranché. Il
faudra être congressiste ou conférencier, porter cravate et malette pour entrer au Couvent des Jacobins.
En mai 2008, les Ateliers de Rennes ont donc eu le nez fin en ouvrant les lieux au public. Un patrimoine architectural incroyable au coeur de
la ville que beaucoup auraient aimé continuer à fréquenter d'une manière ou d'une autre, que chacun était prêt à s'approprier. La démonstration n'a pas évincé le projet en cours. Rennes n'avait pas
de Centre de Congrés. Pressenti, le Palais St Georges semblait idéal du point géographique. Non, le Palais restera caserne - pour le moment. Et c'est au Couvent qu'auront lieu les
congrés.|
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CALICOT est le magazine en ligne - sous format blog - des petits
indépendants rennais. Commerçants, artisans, artistes, créateurs, free-lance, délibérement hors sentiers battus, ils ont ici la place qu'ils n'ont pas trouvé
ailleurs.
CALICOT donne au lecteur de la matière, au-delà du simple annuaire, du guide ou de l'encart publicitaire. Et invite à déambuler différemment. CALICOT invente un fil qui relie les uns aux autres, les autres aux uns. En se situant au coeur de la ville, en parlant de ceux qui l'habitent. |
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Qui quoi où quand ? Christèle Fournier-Boisbouvier Rédactrice calicotderennes@gmail.com |
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Où l'on parle de CALICOT
13 mai 2009 // France Bleu Armorique // Emission Armorique.net, présentée par Bruno Gaulin |
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